Club spécial du 07 mai 2026 « Sur les sentiers de la poésie » avec Claude Braun

Après les lectures de quatre poèmes de Claude sur le thème éternel des quatre saisons , avec Vivaldi en fond sonore, notre invité, poète Dignois, noud remet plusieurs exemplaires d’un dessin que lui a inspiré le nom de notre association , puis débute sa causerie par une question centrale : qu’est ce que la poésie ? Les réponses parlent d’émotions, d’images, de musique.

Il nous expose ensuite une petite anthologie de la poésie ; il est intarissable sur le sujet, fait montre d’une mémoire et d’une culture qui forcent le respect et il nous « colle » presque à chacune de ses questions.

Claude nous parle de la relation entre la poésie et le sacré, de rimes ou pas rimes… de poésie en prose ….  Il est prolixe en explications et en citations.

  • Eluard a dit « parler de soi, quand on est amoureux, c’est parler de tous »
  • Saint John Perse : « le poète est celui qui rompt l’accoutumance »,  » Rien de ce qui est humain n’est étranger au poète ».

Selon lui, la poésie la plus efficace est celle qui est économe en mots, les choisit avec précision, pour qu’ils ne soient pas là pour faire joli, ou simplement pour la rime, mais plutôt comme une évidence et une surprise, car lorsque deux mots sont associés et donnent toute sa force à une image poétique, c’est parce que leur mariage nous surprend et nous enchante tout à la fois, tant ils sont exactement à leur place. Cette apparente simplicité nécessite de remettre souvent l’ouvrage poétique sur le métier.

Claude a beaucoup d’esprit et est très espiègle: il distribue à notre assemblée des petits morceaux de papier, puis demande à notre présidente de lire le poème écrit dessus  ; quand elle a terminé, il la prie de poursuivre par la lecture du deuxième et du troisième poème; après un rapide tour de table et le constat que nous n’avons tous qu’ un seul et identique poème entre les mains, il éclate de rire face à notre perplexité ; enfin, seule Ginou comprend que le deuxième et le troisième poèmes sont cachés, imbriqués dans le premier et qu’il suffit pour les découvrir de découper chaque alexandrins en deux parties distinctes, de 6 pieds chacune.

Bien joué ! Nous avons été piégés par notre invité et il revient à notre institutrice en retraite l’honneur de nous lire les deux poèmes en hexasyllabes.

Toujours sur le registre humoristique, Il nous lit ensuite un poème qui est censé faire pleurer la moitié de l’assistance et faire s’évanouir l’autre moitié, mais nous livre la fin loufoque d’une histoire qui finit mal pour un pot de yaourt et un paquet de céréales dans la poubelle d’un petit-déjeuner, alors que les premiers vers semblaient nous embarquer sur le triste navire d’une séparation amoureuse…

Claude se joue de nous et de tous les styles, mais c’est bien en poète engagé qu’il nous touche le plus au coeur, qu’il nous émeut aux larmes ; il nous en donne un témoignage vibrant en récitant un de ses poèmes, qu’il considère comme le meilleur de tous ceux qu’il a écrits, son hommage à Katia Bengana, extrait du « Mémorial des cris perdus » .

Il est déjà l’heure de la pause agrémentée des fameux gâteaux maison, auxquels Claude, fidèle à l’adage « un esprit sain dans un corps sain », refuse de goûter, se contentant d’une simple boisson fraîche. Ce moment offre à chacun l’opportunité de converser avec notre invité et d’acquérir certaines de ses publications qu’il a pris le soin d’apporter dans sa valise.

Nous terminons cette rencontre dans la légèreté et la simplicité de jeux poétiques, auxquels participe dans une joyeuse cacophonie toute l’assemblée ; après que chacun ait tenté de trouver le dernier vers d’un poème sur un chien bien malade, finalement opéré du regard, Claude n’est pas le dernier à apporter sa pierre à l’édifice d’un poème élastique ou alphabétique,

Ginou avait raison : ces sentiers de la poésie, sur lesquels nous avons gaiement cheminé cet après-midi, se sont révélés riches en émotions.

Encore un énorme MERCI à notre invité Claude, à son hôte et chauffeur Béatrice, aux lectrices des quatre saisons et à tous les participants à ce club de lecture très « spécial ».